Et si pour changer plus vite on laissait tomber les causes ?


Changer en mieux en traitant les vraies causes d’un problème, quoi de plus logique et efficace. Mais cette démarche peut aussi être un frein majeur à toute transformation. Que faire notamment quand : 

  • Le problème est très complexe et les causes multiples et imbriquées ?
  • La résolution de la cause est hors de votre contrôle ?
  • La recherche de causes plonge le collectif dans la défensive ?

Heureusement il existe des alternatives à la fois simples et efficaces.

Activer des ressources présentes dans l’entreprise ou ailleurs

Le principe est simple. Si la cause du problème est hors de votre contrôle, une des options est de trouver un autre levier (ressource déjà présente) pour contourner la problématique. Un exemple: Les IRM sont généralement très stressantes pour les jeunes enfants apeurés par le bruit des machines et la peur d’être aspirés seuls dans le tunnel sans devoir bouger… Les enfants ont cependant une autre ressource : leur imaginaire !! Des designers s’en sont saisis pour réaménager des salles IRM pédiatriques (cf photo).  

L'IRM réaménagé surprend l’enfant qui s’imagine chercher un trésor en voyageant sur ce bateau. Les résultats sont impressionnants : Moins de stress pour les enfants qui n’ont plus besoin d’anesthésie, soulagement des équipes médicales et avantages économiques par une multiplication du nombre examens réalisés par jour car les examens sont plus faciles 

Questions utiles : qu’est ce qui fonctionne malgré tout dans l’adversité ? Quelle qualité caractérise le mieux votre équipe (même si négligée ?) 


Chercher les exceptions:

Si le problème est très complexe, avec des causes imbriquées au point de ne pas savoir par quel bout le prendre, une des options est de rechercher les exceptions de réussite. Pour faire face à la malnutrition des enfants vietnamiens liée à de multiples causes (illettrisme, manque d’eau potable, pauvreté, problèmes sanitaires), l’association "Save the Children" s’est focalisée sur les exceptions : des enfants en bonne santé malgré ce contexte. Ce qui les distinguait : un régime alimentaire très spécifique constitué de 4 repas plus petits, au lieu de 2 traditionnels pour permettre à l’organisme de mieux s’adapter à une nutrition frugale et l’ajout d’un ingrédient considéré comme très bas de gamme (pousse de patates douces) comme apport de protéines et vitamines. Facilement transposable à d’autres familles (pas de surcoût), le nouveau régime a nettement amélioré la santé des enfants du pays. 

Questions utiles : où, à quel moment, dans quelles circonstances le problème n’existe plus ou est atténué ? 


Accentuer le problème!!

Je sais c’est très paradoxal et pourtant c’est l’un des principes utilisés avec succès en innovation (et dans les thérapies brèves!) Exemples : demander aux insomniaques d’éviter de s’endormir (pour qu’ils tombent de sommeil naturellement !). Au lieu d’utiliser des insecticides, rajouter des insectes pour en faire fuir d’autres (coccinelles pour chasser les pucerons). Injecter un virus atténué pour faire produire des anticorps (principe des vaccins). Brûler en surface le bois, pour le teinter et le protéger des intempéries et du feu… 

Questions utiles : et si on faisait le contraire de ce que l’on a toujours fait ? Et si le problème était la solution ? 



Souvent utilisées en tant que plan B, ces stratégies révèlent des avantages indéniables. Elles prouvent qu’une solution est possible et relancent la dynamique collective. Et de façon très surprenante, les solutions générées apportent des résultats souvent bien plus rapides et positifs que les méthodes traditionnelles.  Petite reco face aux sceptiques : testez les solutions à petite échelle et à moindre coût… pour apporter les premières preuves ! 



Sources

 https://www.linkedin.com/posts/christiane-brackman-634a8515_changement-complexitaez-impact-activity-6711507310080069632-w7KShttps://www.doortoinnovation.com/fr/exemple-d-application-du-design-thinking Source photo : Photo gratuite de aile des animaux, animal, bande (pexels.com), Erik Karits