Rebondir renforcé


J’ai connu un bel échec en début de carrière, alors que j’étais chef de produit internationale en industrie pharmaceutique. Le lancement mitigé d’un nouveau médicament dans un marché hautement concurrentiel. Comme dans toute entreprise nous avons fait un REX de ce lancement, tiré des conclusions pour les prochains lancements. Et à ma surprise, j’ai été promue (oui promue) à un autre poste, mon management estimant que l’échec mitigé était très largement imputable à un contexte marché très défavorable. Même si heureusement mes autres expériences ont été beaucoup plus valorisantes, j’étais toujours restée avec un goût amer sur ma propre responsabilité concernant ce lancement avorté. Sans parler de confiance en moi que j’ai du reconstruire progressivement. Jusqu’à ce que je découvre au hasard de mes lectures, des questions puissantes que je vous partage, tant elles sont une vraie réponse pour rebondir renforcé(e) d’un échec.

Alors si vous avez eu la chance ( je sais c’est étonnant!!) de subir un échec dans lequel vous vous sentez responsable, prenez le temps à tête reposée, une fois les émotions moins vives, de répondre à ces questions… Sans nul doute, vous vous sentirez plus fort et plus force de proposition pour l’avenir

Ses forces : paradoxalement un échec permet souvent d’identifier ses points forts (état d’esprit, comportements, etc )!

  • Qu’avez-vous réussi à accomplir malgré l’adversité, et même si en fin de compte, vos efforts n’ont pas abouti ? ex : votre capacité à fédérer des parties prenantes ? à inspirer malgré les incertitudes ?
  • Lesquelles de ces qualités ont pu être appréciées par votre hiérarchie, vos collègues ou vos clients, même si les choses ne se sont pas déroulées comme prévu ? ex votre accessibilité, votre transparence, pugnacité ?...

Les compétences ou expériences à acquérir : l’échec peut révéler des compétences ou des expériences qui seraient intéressantes d’acquérir pour mieux gérer dans le futur des situations similaires 

  • Quelles compétences vous auraient permis de mieux faire face à la situation ? Y a-t-il des dimensions du poste que vous avez sous-estimées ? Comment pouvez-vous les combler ?

Sa zone de confort : un échec peut dessiner en creux sa zone de confort

  • Dans quelles conditions auriez-vous été plus performant ? ex travail en équipe ou en solitaire ? Niveau de pression optimal pour vous motiver, niveau d’incertitude ? Enjeux politiques ?...
  • Quelles leçons pouvez-vous en tirer sur la manière d’organiser votre travail ? ex mieux vous entourer ? Organiser tous les mois des questions storming pour se concentrer sur l’essentiel…

Ses valeurs personnelles : un échec résulte souvent d’un enchainement de décisions difficiles émotionnellement. Elles témoignent ainsi de votre hiérarchie de valeurs personnelles qui conditionnent vos actions.

  • Regrettez-vous d’avoir cédé sur certains principes ? Quelles conséquences avez-vous sous-estimées et qui se révèlent capitales pour vous à postériori (éthiques, légales, économiques, humaines)? Comment aborderiez-vous la situation si elle se représentait (meilleure écoute des points de vues des parties prenantes, anticipation des conséquences…)
  • A l’inverse, avez-vous été excessivement rigide sur certains aspects et qui ont bloqués inutilement la situation ? Y-a-t-il des concessions qui vous sembleraient acceptables, à l’avenir, si elles vous permettaient de faire aboutir un projet comparable ?

Ses biais et limites : notre façon de voir les situations et les résoudre peuvent être en partie conditionner les résultats obtenus. Ex point de vue trop expert, excès de confiance, d’optimisme, etc…

  • A quel moment pensez-vous avoir manqué de lucidité ? Sous quels angles avez-vous analysé le problème ? Quels aspects du problème avez-vous négligés ? Quelles répercussions cela a-t-il eu ?
  • Comment intégrer ces aspects la prochaine fois ?. Ex multiplier les sources d’information,  les parties prenantes dans la prise de décision, s’inspirer d’exemples dans d’autres domaines d’expertise…


A l’époque, je ne disposais pas de ces questionnements pour profiter de leur enseignement… Dommage…car quand j’ai pu enfin le faire des années après…l’analyse de cet échec a été d’une richesse infinie, et m’a permis de mieux comprendre mon évolution (somme toute cohérente même si atypique !). Quel rebond j’aurais pu avoir plus rapidement!  L’échec paradoxalement, peut-être une formidable opportunité de mieux se connaitre, de s’apprécier et de se bonifier !


Source : Manageris 261b, faire de l’échec un tremplin